En bref
- L'hébreu s'écrit normalement sans signes vocaliques. Un même mot écrit peut donc correspondre à plusieurs mots prononcés différemment.
- Les petits mots comme et, le, dans, quand et que se collent au mot suivant. Un seul mot écrit peut ainsi contenir toute une expression.
- L'argot, les mots empruntés et les noms propres n'ont pas d'orthographe fixe. Une transcription correcte peut donc s'écrire autrement que ce que vous attendiez.
- À l'oral, le débit est plus rapide et le ton plus relâché que dans l'hébreu soutenu de la plupart des textes écrits.
- Vous relirez beaucoup plus vite si vous connaissez ces pièges et que vous réécoutez attentivement les passages concernés.
Pourquoi l'absence de voyelles écrites pose-t-elle problème ?
L'hébreu moderne s'écrit surtout avec des consonnes. Il existe bien des signes vocaliques pour indiquer la prononciation exacte d'un mot, mais les livres pour adultes, les sites d'actualité et les messages courants s'en passent. Un lecteur qui maîtrise la langue n'en a pas besoin : il connaît l'hébreu et lit la phrase dans son ensemble.
Un logiciel de reconnaissance vocale doit faire le chemin inverse. Il entend les voyelles et doit trouver à quel mot écrit elles correspondent. À l'oral, sefer (un livre), sapar (un coiffeur) et siper (il a raconté) s'écrivent exactement avec les trois mêmes lettres. Seul le contexte permet de trancher, mais ce contexte manque vite quand quelqu'un marmonne, change de sujet ou utilise un mot rare.
Qu'est-ce que les préfixes attachés changent au problème ?
En anglais, les petits mots de liaison restent séparés. En hébreu, beaucoup s'attachent directement au mot suivant : et, le, dans, à, de, comme, quand et que. Pour écrire « et quand j'ai vu », on utilise une seule suite de lettres. L'outil de transcription doit deviner où finissent ces petits mots et où commence le mot principal, puis écrire tout le groupe sans faute.
En pratique, cela démultiplie le nombre de mots possibles. Un même nom ou verbe peut se combiner avec des dizaines de préfixes, et un assemblage rare n'apparaîtra parfois qu'une seule fois dans un long enregistrement. Même si le logiciel a entendu la racine du mot des dizaines de fois, il ne l'a peut-être jamais rencontrée avec cette combinaison précise. Il risque alors d'oublier un préfixe, d'en ajouter un en trop ou de le coller au mauvais mot.
Pendant la relecture, repérez les phrases dont la grammaire sonne bizarre. Quand il manque un article défini ou un mot de liaison, c'est souvent qu'un préfixe a sauté.
Existe-t-il une seule orthographe correcte ?
Il y a deux façons courantes d'orthographier l'hébreu. La graphie dite pleine ajoute des lettres pour marquer les voyelles, alors que la graphie courte les omet. On trouve les deux dans les textes publiés, et les rédacteurs les mélangent souvent. Les mots empruntés compliquent encore les choses : on utilise tous les jours email, mail et une version avec trait d'union de ce même mot. C'est pareil pour beaucoup de noms de lieux et de produits.
Concrètement, pour le lecteur, deux transcriptions d'une même phrase peuvent différer tout en étant justes toutes les deux. Pour la recherche dans le texte, c'est plus gênant. Si vous cherchez un mot avec une orthographe précise et que la transcription en utilise une autre, vous risquez de ne rien trouver. Quand un nom ou un terme compte, cherchez toutes ses variantes avant d'en déduire qu'il n'a pas été prononcé.
Avant de corriger le texte, fixez une orthographe unique pour les noms propres, les marques et les termes techniques, et tenez-vous-y partout. Un document uniforme sera bien plus simple à fouiller, à citer et à transmettre.
Qu'en est-il de l'argot et des débits rapides ?
L'hébreu de tous les jours n'est pas celui des journaux. Les gens utilisent des mots courants comme yalla, sababa ou wallah, fréquents à l'oral et écrits de plusieurs manières. Ils raccourcissent aussi les syllabes, ne finissent pas leurs phrases et se coupent la parole. En réunion, il arrive même qu'une personne commence une phrase et qu'une autre la termine.
Or, les grandes bases de textes en hébreu contiennent surtout de l'écrit soutenu. Les enregistrements de vraies conversations, surtout avec des accents régionaux et du jargon métier, sont bien plus difficiles à rassembler et à vérifier. La transcription sera donc plus fiable sur un cours magistral bien articulé que sur une discussion animée dans une cuisine, même si c'est exactement la même personne qui parle.
Prévoyez le coup : traitez les enregistrements informels comme des brouillons qu'il faudra réécouter de près. Vous pouvez aussi ajouter quelques lignes de contexte aux enregistrements où des mots locaux peu courants ont de l'importance.
Pourquoi les noms propres et les mots étrangers sont-ils si risqués ?
Les noms propres cumulent toutes les difficultés qu'on vient de voir. Un nom peut s'écrire sans voyelles, prendre un préfixe collé, avoir plusieurs orthographes admises et n'apparaître que quelques fois dans l'audio. Si en plus c'est un nom étranger prononcé avec un accent hébraïque, la tâche se complique encore.
C'est aussi sur un nom propre que l'erreur coûte le plus cher, puisqu'elle peut fausser qui a dit ou fait quoi. Vérifiez chaque nom en réécoutant l'enregistrement, puis écrivez-le toujours de la même façon dans tout le document.
Comment relire efficacement une transcription en hébreu ?
Servez-vous de ces repères pour organiser votre relecture. Guettez les phrases à la grammaire étrange : elles cachent généralement un préfixe oublié ou un mot pris pour un autre. Cherchez les noms propres et les termes importants sous toutes leurs orthographes possibles. Réécoutez la bande-son dès qu'un mot peut se lire de deux façons et que cela change le sens.
KolWrite traite l'hébreu comme une langue principale et garde le texte, le nom des intervenants et les codes temporels liés entre eux. Vous pouvez ainsi cliquer sur n'importe quel passage pour l'écouter directement. Une transcription automatique contient toujours des erreurs, et il suffit d'une courte relecture pour pouvoir partager le document sans risque. Pour savoir plus largement comment on mesure la qualité d'une transcription, consultez notre page sur la précision de la transcription en hébreu.
Questions fréquentes
L'hébreu est-il plus difficile à transcrire que l'anglais ?
Ce n'est pas forcément plus dur, c'est juste différent. L'absence de voyelles, les préfixes attachés et les orthographes multiples posent des problèmes propres à l'hébreu, tout comme l'anglais a les siens, à commencer par son orthographe irrégulière.
Pourquoi la transcription oublie-t-elle parfois un petit mot ?
En hébreu, les petits mots comme le, et ou que s'attachent au mot suivant et se disent très vite. Ils font partie des éléments les plus faciles à perdre. Faites attention à la grammaire en lisant et réécoutez bien le passage quand une phrase paraît incomplète.
Les mots d'argot seront-ils écrits correctement ?
L'argot courant est généralement bien reconnu, mais il s'écrit de plusieurs façons. Choisissez une orthographe et gardez la même dans tout le texte au moment de corriger.
Puis-je ajouter les signes vocaliques à une transcription ?
Les transcriptions suivent l'usage normal de l'hébreu écrit, sans signes vocaliques. Si vous en avez besoin pour enseigner ou pour des raisons d'accessibilité, ajoutez-les dans votre traitement de texte une fois le document finalisé.
Comment vérifier rapidement un nom propre ?
Cherchez le nom dans la transcription avec ses différentes orthographes possibles, cliquez sur le code temporel de chaque résultat pour réécouter l'audio, puis harmonisez toutes les occurrences sous la même forme.
